5 clés pour réussir son implantation de Sorgho Fourrager

Cinq clés pour réussir son implantation de sorgho fourrager

À la SCEA de la Bigotterie, en Maine-et-Loire, Bruno Poupart cultive le sorgho fourrager depuis plus de dix ans sans jamais rater ses semis. Pour lui, la réussite repose sur un sol réchauffé et bien préparé, ainsi que sur une densité de semis adaptée. Voici ses conseils et ceux de Jérémy Bonte, responsable développement technique chez Semental, pour optimiser l’implantation de cette culture.


Choisir la bonne date de semis

Bruno Poupart insiste sur l’importance de ne pas semer trop tôt. Il attend systématiquement que les températures soient suffisamment élevées, généralement après le 15 mai. « Il faut être en short pour semer ! » plaisante-t-il, soulignant qu’il est crucial d’éviter les nuits fraîches pour ne pas retarder la levée. Jérémy Bonte confirme qu’il est préférable de semer après les saints de glace, c’est-à-dire après le 10 mai, pour éviter les risques de gel.

La date de semis n’est pas le facteur le plus critique, car le sorgho a une forte capacité à attendre des conditions favorables. Il lève rapidement dès qu’il a de l’eau et de la chaleur. Cependant, semer après une pluie est idéal pour favoriser une levée homogène. En situation très sèche, le risque de salissement est plus élevé, car le sorgho met plus de temps à démarrer que le maïs.


Sélectionner les terres adaptées

Bruno Poupart privilégie les « petites terres », à potentiel blé, pour implanter son sorgho. Ces terres, composées de sable avec environ 10 % d’argile, sont séchantes et sans réserves hydriques importantes. Le sorgho, contrairement au maïs, supporte bien la sécheresse et sait attendre l’eau en cas de conditions climatiques difficiles.

Jérémy Bonte précise qu’il n’y a pas beaucoup de situations où le sorgho ne peut pas être implanté. Il faut simplement éviter les terres argileuses et veiller à ce que le sol soit bien émietté, travaillé et fin pour assurer un bon contact entre la graine et le sol. Une préparation minutieuse du sol est essentielle pour garantir une levée homogène.


Préparer soigneusement le sol

La préparation du sol est une étape clé pour réussir l’implantation du sorgho. Bruno Poupart prépare son sol à la fraise, en passant un coup de rotavateur juste après la récolte du précédent, puis un coup de vibro pour niveler le sol avant le semis. Il insiste sur l’importance d’avoir un sol homogène pour favoriser une levée régulière.

Le labour permet d’affiner le sol et d’améliorer la régularité de la levée. Semer à une profondeur de 3 à 4 cm est recommandé pour limiter les risques de verse, même si cela peut ralentir légèrement la levée. Une implantation sans labour est possible, mais elle demande plus de rigueur pour gérer le salissement et la fertilisation.


Utiliser un semoir monograine

Pour semer le sorgho à la bonne profondeur, il est déconseillé d’utiliser un semoir à céréales. Bruno Poupart utilise un semoir monograine équipé de disques adaptés, comme ceux pour le sorgho ou la betterave. Il sème à une densité de 220 000 pieds par hectare, ce qui lui permet de couvrir rapidement le sol et de limiter les risques de salissement.

L’écartement idéal entre les rangs est de 40 à 50 cm. Des rangs moins espacés favorisent une couverture plus rapide du sol, réduisant ainsi les adventices. Pour les débutants, un écartement standard de 75 cm avec une densité de 150 000 à 170 000 graines par hectare est recommandé. Jérémy Bonte conseille également de semer à une vitesse réduite, environ 4 km/h, pour obtenir une levée plus homogène et une parcelle plus facile à gérer.


Gérer les interventions après les semis

Après le semis, Bruno Poupart réalise un désherbage au stade deux-trois feuilles. Il applique un herbicide en post-semis, suivi d’un rattrapage contenant un produit racinaire trois semaines plus tard. Grâce à un semis tardif, la levée est rapide et limite les risques d’attaque par les ravageurs comme le taupin.

Le sorgho peut également être cultivé sans chimie, en utilisant une herse étrille trois ou quatre jours après le semis, suivie d’un binage au stade 3-4 feuilles et éventuellement un second binage au stade 7-8 feuilles. Pour la fertilisation, Jérémy Bonte recommande d’appliquer un engrais starter pour aider le sorgho à démarrer rapidement. Le besoin global en azote reste modéré, entre 60 et 80 unités par hectare, car une sur-fertilisation peut fragiliser la plante et favoriser la verse.


Choisir la variété adaptée

Il existe deux grands types de sorgho fourrager monocoupe ensilage : ceux avec le gène BMR, qui offrent une meilleure valeur alimentaire mais sont plus sensibles à la verse, et ceux sans ce gène. Bruno Poupart a opté pour la variété Big-Kahuna, connue pour son haut potentiel de rendement et sa résistance à la verse.

Le coût de culture du sorgho est également un atout, avec des charges opérationnelles estimées à 236 € par hectare, contre 330 € pour le maïs. Cette économie, combinée à une bonne préparation et une gestion rigoureuse, fait du sorgho une culture intéressante pour les éleveurs cherchant à diversifier leurs fourrages.

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