Du Lablab semé de chaque côté du rang de maïs

Du lablab semé de chaque côté du rang de maïs

Anthony Kerhervé, éleveur à Saint-Nolff dans le Morbihan, a décidé de renouveler son expérience de semis associé de maïs et de lablab sur 4 hectares cette année. Il avait déjà testé cette association sur 2 hectares il y a deux ans. Son objectif principal est clair : enrichir l’ensilage en protéines afin de réduire les achats de tourteau de soja sur son exploitation, qui produit 635 000 litres de lait et couvre 142 hectares de surface agricole utile.

Le lablab est une légumineuse qui, une fois semée avec le maïs, permet d’apporter une source supplémentaire de protéines dans la ration des animaux. Cette pratique vise à améliorer l’autonomie protéique de l’exploitation et à limiter les coûts liés à l’achat de compléments alimentaires.


Une répartition homogène dans la parcelle

Traditionnellement, lors d’un semis de maïs-lablab, les semences sont mélangées puis semées dans le même rang. Cependant, cette méthode peut entraîner une répartition irrégulière des plants, avec parfois deux ou trois plants de maïs consécutifs avant de trouver un plant de lablab. Pour pallier ce problème, Anthony Kerhervé a opté pour un semoir polyvalent pneumatique de marque Pöttinger, le modèle Aerosem. Ce semoir possède trois trémies : les deux trémies extérieures sont réservées aux semences de maïs, tandis que la trémie centrale, habituellement utilisée pour l’engrais starter, est dédiée aux semences de lablab.

Jérémy Bonte, responsable développement technique pour le semencier Semental, explique que cette méthode permet de semer le lablab de chaque côté du rang de maïs. Cette répartition plus homogène sur la parcelle offre un effet visuel rassurant pour l’agriculteur et favorise un meilleur développement des deux cultures. Anthony Kerhervé a semé 100 000 grains de maïs par hectare et 80 000 grains de lablab par hectare.


Gagner entre 1,5 et 3 points de MAT

Pour réussir cette association, il est conseillé d’attendre autour du 10 mai pour semer le mélange maïs-légumineuse. Il est également nécessaire d’adapter le programme de désherbage, car seules deux ou trois matières actives peuvent être utilisées par les agriculteurs. La culture n’est pas incompatible avec le binage, ce qui permet de gérer les adventices de manière mécanique.

Le maïs et le lablab lèvent en même temps, mais le maïs prend rapidement le dessus. Vers la fin du mois de juillet, le lablab trouve naturellement un plant de maïs pour s’en servir de tuteur, sans le concurrencer. Jérémy Bonte précise que, en semant le lablab près du rang de maïs, il trouve rapidement un support pour grimper. À la fin du mois d’août, le maïs et le lablab atteignent la même hauteur.

Le surcoût de cette culture en association est estimé entre 100 et 110 euros par hectare par rapport à une culture de maïs classique. Cependant, avec un rendement de 14 à 15 tonnes de matière sèche par hectare, il suffit de gagner 0,7 point de matière azotée totale (MAT) pour rentabiliser ce surcoût, en se basant sur un prix du tourteau de soja à 450 euros la tonne. En moyenne, le lablab permet de gagner entre 1,5 et 3 points de MAT. En plus de l’enrichissement en protéines, cette association améliore la digestibilité de l’ensilage et apporte plus de fibres.


Un inoculant pour permettre au lablab de capter l’azote de l’air

Des travaux sont actuellement menés par l’Inra, la Chambre d’agriculture et Arvalis pour mettre sur le marché un inoculant destiné aux semences de lablab. Cet inoculant permettrait à la légumineuse de développer des nodosités, lui donnant la capacité de capter l’azote de l’air et de le rendre disponible pour la culture en place.

Jérémy Bonte souligne que l’intérêt de cette innovation est double : limiter la fertilisation azotée et obtenir plus de protéines ou de matière azotée totale dans l’ensilage de maïs. Cette approche s’inscrit dans une démarche d’agriculture durable, visant à réduire les intrants tout en améliorant la qualité nutritionnelle des fourrages.

À voir également

Restez informé des dernières avancées, témoignages terrain et conseils d’experts pour optimiser vos rendements et votre autonomie fourragère.

Une question ?
Une demande ?

Contactez-nous dès maintenant, nous vous aidons à faire le bon choix sans perdre de temps.